05 novembre 2005
On ne dit pas "Je veux"...
Réflexions du Week-End.
"Je veux la lune disent les enfants capricieux..", "On dit je voudrai, pas je veux...", sont autant de remontrances de nos années d'enfants qui ont elles aussi participé à réduire nos envies quelqu'elles soient, à un conditionnel, à une autorisation divine. Cela rentre dans le même contexte que " Peut mieux faire " qui lui a contribué au sentiment de ne jamais être à la hauteur. Ce genre de petites phrases sempiternellement répétées nous poursuivent toute notre vie.
Elles nous ont à ce point marqué que nous sommes encore aujourd'hui des adultes qui doutons de notre capacité à profiter pleinement de ce qu'on ressent, à accepter que la situation que nous vivons aujourd'hui puisse être satisfaisante. Forcément, on pourrait toujours faire mieux...
Spinoza dans sa contribution à définir le bonheur, explique très clairement qu'on ne peut pas dissocier éthique et bonheur, que le bonheur étant la satisfaction des désirs, ceux-ci doivent être accessibles et propre à chacun. Dans l'absolu, le seul qui soit réellement heureux serait l'ascète. Sans aller jusque là, parce c'est pas très comique, il me semble à priori que le simple fait de ne pas calquer ses envies sur les autres, contribue à être maître de la satisfaction de celles ci. Par éthique, il faut entendre: " Etre avec les autres comme on aimerait qu'on soit avec soi. " Point barre comme dirait les ado. Pas de bonheur réel sans le partage de celui-ci, et en tout cas pas sur le dos des autres. Sinon c'est un leurre.
En résumé, pour accéder à son bonheur et donc à sa liberté, les désirs doivent être accessibles et éthiques.
Je vous recommande fortement la lecture d'une analyse des contributions de Spinoza. Il en parle beaucoup mieux que quiconque. Il est à la base de ma réflexion.
http://www.yrub.com/philo/spinozaethjoie.htm
Bon Week End.
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